ALLEMAGNE : DES MÉDICAMENTS FALSIFIÉS À NOUVEAU RETROUVÉS DANS LES PHARMACIES

Quelques semaines après une première affaire concernant une boîte de faux Harvoni, la sécurité du circuit de distribution légal Outre-Rhin est de nouveau remise en question suite à la pénétration d’un neuroleptique falsifié dans les pharmacies allemandes.

 

Des boîtes de Xeplion® (Palipéridone) falsifié (un neuroleptique indiqué dans le traitement de la schizophrénie) circulent actuellement sur le marché allemand. En cause, le recours aux (ré-)importations parallèles, une pratique légale dans l’Union Européenne, et même imposée aux pharmacies allemandes par les caisses d’assurance-maladie dans un but de réduction du coût du médicament remboursé. D’après des informations révélées par Le Quotidien du Pharmacien, “tout pharmacien allemand est tenu de détenir un volume de médicaments réimportés équivalent à au moins 5 % de son stock”.

 

Le principe de la réimportation est simple : un grossiste-répartiteur achète le médicament dans un pays membre de l’Union Européenne où son prix est moindre, puis l’importe afin de pouvoir le vendre moins cher que le même médicament acheté directement dans le circuit de distribution du pays de destination (dans ce cas, l’Allemagne). En Allemagne, où les médicaments sont globalement plus chers qu’en France notamment, la stratégie est attractive pour les organismes de remboursement…et non dénuée d’intérêt économique pour les grossistes eux-mêmes.

 

Mais l’expérience prouve qu’elle est particulièrement dangereuse sur le plan sanitaire. La législation européenne impose que le médicament dispose d’un conditionnement et d’une notice dans la langue du pays dans lequel il est vendu au malade. La pratique des importations parallèles oblige donc à changer les boîtes de médicaments au moment de l’importation, à y insérer de nouvelles notices…et parfois même à couper les blisters pour que le nombre de comprimés dans la boîte soit conforme à l’autorisation de mise sur le marché dans le pays (des blisters de 30 comprimés par exemple peuvent être coupés “aux ciseaux” pour être réduits à 28 si cela est nécessaire).

Dans ces conditions, comment assurer la traçabilité du médicament, pourtant si ardemment recherchée ? Comment pouvoir certifier de son authenticité ?

Dans le cas du Xeplion® falsifié, des analyses sont en cours pour déterminer la composition exacte des produits retrouvés. Leur origine reste inconnue à l’heure actuelle. L’agence du médicament allemande demande à tous les pharmaciens de vérifier chaque boîte de Xeplion® avant délivrance aux patients.

 

L’application de la pratique des importations parallèles dans une logique purement économique met en danger la sécurité des circuits de distribution de médicaments en Europe, et donc la santé des malades. Le médicament n’est pas une marchandise comme les autres, c’est la santé publique qui est en jeu !

 

Source : Le Quotidien du Pharmacien

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