Neuf ans après la catastrophe nucléaire de Fukushima : retour à la normale vers un avenir radieux ?

par Giv Anquetil publié le 9 mars 2020 à 16h57

Retour sur le neuvième anniversaire de la catastrophe nucléaire de Fukushima – suite au tremblement de terre et au tsunami du 11 mars 2011. Aujourd’hui, à Fukushima, les autorités encouragent le retour des réfugiés, sans trop de succès.

Neuf ans après la catastrophe nucléaire de Fukushima : retour à la normale vers un avenir radieux ?
Neuf ans après la catastrophe nucléaire de Fukushima : retour à la normale vers un avenir radieux ? © Radio France / Giv Anquetil

Episode 1 : radioactivité, retour à l’anormal

Le restaurant "Atom Sushi", à Tomyoka, un an après la réouverture du village, n'a lui toujours pas réouvert.
Le restaurant « Atom Sushi », à Tomyoka, un an après la réouverture du village, n’a lui toujours pas réouvert. © Radio France / Giv Anquetil

Les travaux de décontamination dureront plus de 40 ans mais autour de la centrale, la zone d’exclusion ne fait « plus que » 341 km², et les routes et villages autrefois condamnés sont rouverts les uns après les autres par les autorités – soucieuses d’un retour à la normale. 

Partout dans la ville de Fukushima à 80km de la centrale on essaie de faire oublier les mauvais souvenirs et de faire revenir les touristes.
Partout dans la ville de Fukushima à 80km de la centrale on essaie de faire oublier les mauvais souvenirs et de faire revenir les touristes. © Radio France / Giv Anquetil

Sauf que des villages comme Iitate à une cinquantaine de kilomètres de la centrale restent encore désespérément vides. 

Dans la campagne près de IItate, des bornes de mesure de radioactivité sont présentes partout dans le paysage en microsieverts par heure.
Dans la campagne près de IItate, des bornes de mesure de radioactivité sont présentes partout dans le paysage en microsieverts par heure. © Radio France / Giv Anquetil

Comment y vit-ont ? La sociologue Cécile Asanuma-Brice, chercheuse au CNRS retourne dans la zone tous les mois depuis neuf ans. Ito-san parcourt la région avec compteur Geiger et dosimètre en bandoulière. Car dès que l’on s’éloigne des grands axes, l’avenir paraît soudain moins radieux.

Nobuyoshi Ito est retourné vivre dans la zone auparavant évacuée et collecte les données sur la contamination de l'environnement
Nobuyoshi Ito est retourné vivre dans la zone auparavant évacuée et collecte les données sur la contamination de l’environnement © Radio France / Giv Anquetil

5 min

Episode 1 : radioactivité, retour à l’anormal

Par Giv Anquetil

Pour aller plus loin : 

Episode 2 : vivre avec la radioactivité

Monsieur Ito est toujours équipé de son dosimètre, pour enregistrer la radioactivité accumulée dans la zone rouverte.
Monsieur Ito est toujours équipé de son dosimètre, pour enregistrer la radioactivité accumulée dans la zone rouverte. © Radio France / Giv Anquetil

Les autorités parlent de retour à la normale, et les habitants doivent s’habituer à vivre avec la radioactivité. Il ne reste plus que deux villages interdits d’accès dans les 340 km² encore trop radioactifs. On annonce la réouverture prochaine de gares dans des poches décontaminées à l’intérieur de ces zones, mais elles seront entièrement automatisées, pour éviter l’irradiation des agents. 

Partout dans la ville de Fukushima, des panneaux affichent le décompte des jours avant l'ouverture des JO
Partout dans la ville de Fukushima, des panneaux affichent le décompte des jours avant l’ouverture des JO © Radio France / Giv Anquetil

Et la flamme olympique partira à la fin du mois du J village, à une vingtaine de kilomètres de la centrale, et passera même juste à côté – mais selon un parcours chronométré pour éviter une trop grande exposition.
Partout on veut faire passer le message que la page est tournée : « Oubliez les radiations, et pensez à l’avenir radieux des JO ».

Détecteur de radioactivité des aliments en libre-service dans l'unique épicerie/restaurant de IItate
Détecteur de radioactivité des aliments en libre-service dans l’unique épicerie/restaurant de IItate © Radio France / Giv Anquetil

Sauf qu’aux rares réfugiés (pas plus de 20%) retournés vivre dans les zones réouvertes, c’est autre chose qu’on demande : apprendre à vivre avec les radiations, au quotidien.

Dans la région, partout, les détecteurs de radioactivité sont omniprésents, pour rassurer la population.
Dans la région, partout, les détecteurs de radioactivité sont omniprésents, pour rassurer la population. © Radio France / Giv Anquetil

S’habituer à vivre avec un détecteur de radioactivité. Voilà pourquoi la société Tepco, responsable de la centrale, parle maintenant de « revitalisation » de la zone plutôt que de retour : c’est parce qu’il a bien fallu admettre que les habitants d’origine n’y retourneraient pas. 

Au siège de Tepco à Tokyo, l'entreprise a été nationalisée après la catastrophe et annonce 30 à 40 ans de travaux de décontamination.
Au siège de Tepco à Tokyo, l’entreprise a été nationalisée après la catastrophe et annonce 30 à 40 ans de travaux de décontamination. © Radio France / Giv Anquetil

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