Courrier à Madame AMPROU directrice adjointe à la Direction Générale à la Santé
- à Mme Anne Claire AMPROU Directrice adjointe de la DGS Ministère de la Santé
- 4 Avenue de Ségur – 75007 PARIS
Copies à :
– Madame la Ministre des Solidarités et de la Santé
- – Mme Ratignier-Carbonneil ( Directrice adjointe de l’ANSM)
- Bourret le 25 octobre 2018
- Objet : Demande d’une convocation rapide du « Comité de suivi » et de la communication du dossier complet de l’étude pharmacologique menée par l’ANSM
- Madame la Directrice-adjointe,
Il y aura 6 mois le 2 novembre que le « Comité de suivi du Lévothyrox » n’a pas été réuni, et pourtant la crise sanitaire du Lévothyrox n’est toujours ni terminée (s’agissant des patients-victimes qui n’ont pas tous recouvré leur équilibre antérieur) ni expliquée (notamment dans ses causes et sa symptomatologie).
Lors de la réunion du CTPV du 6 juillet vous vous étiez engagée à réunir « à brève échéance » un « Comité de Suivi », sans en fixer la date il est vrai. Notre délégation vous avait, ironiquement, demandé d’éviter que sa date ne soit fixée au 14 juillet ou au 15 août. Nous n’imaginions pas devoir dépasser la Toussaint voire le 11 novembre.
Nous renouvelons donc notre demande particulièrement pressante de la tenue rapide d’un tel « Comité de suivi » et souhaitons très vivement, qu’à la différence des réunions précédentes, l’ordre du jour en soit fixé conjointement et que les contributions qui y seront présentées par les diverses composantes du dit Comité soient préalablement portées à la connaissance de l’ensemble de ses membres suffisamment à l’avance pour être étudiées.
Nous n’imaginons pas possible que vous donniez une réponse négative à ces demandes « légitimes », sauf à laisser penser que vous, et le Ministère dont vous dépendez, considérez que les discours sur la « démocratie sanitaire », le « rôle accru des associations », la « transparence » et « l’information tout au long de la vie d’un produit » (voir le « Rapport Léo ») sont de simples éléments de langage sans implications concrètes. Si tel devait être le cas (mais, répétons-le, nous ne pouvons pas l’imaginer) nous donnerions à ces refus la publicité qu’ils méritent.
Quelle qu’en soit la date, que nous espérons proche, il va de soi que le prochain « Comité de Suivi » aura, notamment, à se pencher sur les diverses études pharmacologiques qui ont été menées depuis le mois de mai :
– S’agissant de l’étude de l’AFMT nous vous avons communiqué l’intégralité des documents issus du Laboratoire (agréé FDA) qui l’a réalisée. Nous souhaitons, bien évidemment, que vous les diffusiez auprès de l’ensemble des participants de même que nous les avons tenus, et les tenons, à la disposition de l’ensemble de la communauté scientifique.
– Il n’en n’est pas de même s’agissant de l’étude de l’ANSM pour laquelle n’a été diffusé qu’un document particulièrement partiel, signé de la seule Mme DUPERRAY et non de l’auteur de l’étude.
Les divers scientifiques à qui nous avons présenté ces résultats nous ont fait part de leur incapacité à donner un avis éclairé sur la base d’un document aussi succinct composé de 3 chromatogrammes seulement et qui plus est, amputés de la partie supérieure des courbes !!! Ils ont ajouté qu’à l’examen de ces seuls documents il ne leur apparaissait, à tout le moins, pas évident que l’on puisse parler de « profils chromatographiques parfaitement comparables entre l’Euthyrox et le Lévothyrox » (comme tout observateur attentif pourra le constater de lui-même).
On lit dans ce document que « la méthode décrite dans le rapport de l’AFMT n’a pas donné de résultats satisfaisants sur les produits finis analysés ». On peut s’étonner qu’avant de se croire autorisée à écarter nos résultats (précis et détaillés) l’ANSM ne soit pas demandé si son échec n’était pas dû à sa propre incapacité à la mettre en œuvre et non à l’inadaptation de la technique très classique, utilisée par ce labo US de compétence incontestable.
Par ailleurs, et pour mémoire, nous vous rappelons que dans nos courriers de juin nous vous avions demandé que si, comme nous le souhaitions, l’ANSM faisait (enfin) des études de chromatographie, celles-ci visent en priorité spécifiquement des comprimés de Lévothyrox issus des lots les plus représentés dans la survenue des « EI » répertoriés dans les enquêtes de pharmacovigilance. Tel n’a pas été le choix fait (sans aucune justification) par l’Agence qui a volontairement choisi d’examiner des comprimés récents et non ceux mis en cause dans des cas de patients-victimes.
Pour toutes ces raisons nous vous demandons de nous faire envoyer par l’ANSM un document détaillé reprenant l’ensemble des données de ces études, explicitant sa méthodologie, ses tâtonnements et justifiant ses choix. Nous souhaiterions notamment avoir communication du document PowerPoint et idéalement de l’enregistrement vidéo présentés au CTPV par le scientifique montpelliérain qui a effectué cette étude.
Dans l’attente d’une réponse que nous souhaitons rapidement favorable et en restant à votre disposition pour discuter de la suite des évênements, je vous prie de bien vouloir agréer, Madame la Directrice-adjointe, l’expression de nos sentiments distingués.
Chantal L’HOIR Présidente, pour le Bureau de l’AFMT
(pas de réponse à ce jour nous vous tiendrons au courant)










