Levothyrox : de qui le gouvernement a-t-il le devoir de préserver la santé ?
Jean / 8 octobre 2018
Depuis mars 2017, plus d’un demi million de personnes qui doivent quotidiennement être supplémentées en thyroxine souffrent de maux, souvent pénibles et parfois même invalidants, du fait d’une nouvelle formule du médicament phare produit par le très puissant laboratoire Merck : le Levothyrox.
À la demande de l’Association française des malades de la thyroïde (AFMT), un ingénieur de recherche au CNRS travaillant au laboratoire des Interactions Moléculaires et Réactivités Chimiques et Photochimiques de l’université de chimie Paul-Sabatier de Toulouse, Jean-Christophe Garrigues, a étudié la composition des comprimés de la nouvelle formule de Levothyrox. Au terme de ses recherches, il a mis en évidence la présence d’impuretés dont le caractère nocif pourrait être à l’origine des troubles accablant les patient(e)soigné(e)s au Levothyrox. Il a également ouvert la piste d’une incompatibilité d’un excipient remplaçant le lactose : le mannitol, cet excipient pouvant entraîner une dégradation du principe actif.
Formidable ont aussitôt pensé les milliers de patient(e)s victimes des maux engendrés par le nouveau Levothyrox, il va suffire d’éliminer ces impuretés, régler le problème du mannitol et nous allons pouvoir retrouver une vie normale !
Les autorités, le gouvernement et sa ministre de la Santé en tête, auraient pu manifester leur satisfaction face à cette possibilité de mettre fin à ce scandale sanitaire dont il ne cesse de nous dire qu’il est inexplicable. Les autorités auraient pu dire : nous allons immédiatement aider ce chercheur et ses équipes à amplifier, approfondir leurs études pour valider de manière incontestable cette découverte.
Eh bien non, la réponse des autorités est : ce chercheur n’avait pas le droit d’effectuer ces recherches.
Malades du nouveau Levothyrox, il vous faudra accepter de souffrir encore puisque tout le travail devra être repris si, et seulement si, … les autorités accordent leur habilitation pour que ces travaux de recherche puissent reprendre. Mais, à entendre la façon dont les autorités ont accueilli les résultats de ce chercheur, on peut imaginer que ce n’est pas demain la veille que la ministre de la Santé a l’intention de de donner l’autorisation à ces chercheurs de faire des misères au superpuissant laboratoire Merck.
Ça nous rappelle le scandale du chikungunya : les médecins de La Réunion qui avaient observé et décrit les encéphalopathies et les handicaps profonds présentés par des nouveaux-nés dont la mère — durant sa grossesse — avait été contaminée par le virus du Chikungunya, ont été rudement renvoyés à leur rôle de médecin-un-point-c’est-tout par le préfet au motif que « la littérature médicale ne mentionnait pas ce type de conséquences du chikungunya ».
Donc, un coup c’est la littérature médicale qui t’interdit de dire ce que tu as constaté, un coup c’est l’autorité habilitatrice qui te dit : t’étais pas missionné pour voir ce que tu as vu, donc y’a rien à voir.
Question : de la santé de qui un gouvernement se doit-il d’assurer la protection ? La santé du patient ou bien la santé (financière) de généreux labos pharmaceutiques ?
Jean











