À Lorient, ils alertent sur les cancers des dockers

Delphine LANDAY.
Publié le 18/05/2019 à 09h00Lire le journal numérique
Réunis vendredi 17 mai 2019, à Plœmeur, des collectifs ont accueilli maître François Lafforgue, défenseur de la santé public. Objectif ? La reconnaissance des cancers des dockers, maladie professionnelle.
Quel contexte ?
Plusieurs collectifs (1) se sont réunis ce vendredi autour de l’avocat François Lafforgue, défenseur de la santé publique. Il a notamment défendu avec succès Paul François, paysan, victime d’un herbicide anciennement commercialisé par le groupe Monsanto. Il a également été le défenseur de travailleurs victimes de l’amiante. Cette fois, le combat concerne les cancers dont sont victimes les dockers, à Lorient, Saint-Nazaire, au Havre…
Depuis 2014
Une étude menée en 2014 a révélé, après enquête auprès de 250 dockers, qu’il y avait une plus grande fréquence des cancers (vessie et reins), et qu’ils survenaient avec précocité. Partant de ce constat, Annie Thebaud-Mony directrice de recherches à l’Institut national de la santé et de la recherche médicale (Inserm) a lancé un travail de recherche. Elle dirige le groupement d’intérêt scientifique sur les cancers d’origine professionnelle. « Nous avons été saisis dans un premier temps par l’association pour la protection de la santé des travailleurs des métiers portuaires, à Saint-Nazaire. »
Injustice criante
Une enquête financée par le conseil départemental de Loire-Atlantique a révélé une surexposition des dockers à des produits cancérigène dans le cadre de leur travail : « Pesticide, échappement de diesel, soja hypertraité aux pesticides, bateau calorifugé à l’amiante, bois traités au formaldéhyde…, liste Annie Thebaud-Mony. Nous avons reconstitué les carrières de 1 200 personnes. 85 % des patients ont été lourdement exposés. Nous pensons qu’il y a une injustice criante de ne pas reconnaître ces cancers comme maladies professionnelles. »
Contre Monsanto ?
Tous seront à la Marche contre Monsanto ce samedi 18 mai, à Lorient. Les collectifs insistent : « La marche a son importance parce qu’elle participe de cette prise de conscience pour changer nos manières de vivre. Des criminels industriels nous ont imposé la chimie, l’amiante… Il faut qu’on arrive à en sortir. » Rappelant au passage qu’à chaque fois, les alternatives sont génératrices d’emploi. « L’agriculture bio génère plus d’emplois que la conventionnelle. »
(1) Collectif de soutien aux victimes des pesticides de l’ouest, Phyto-victimes, l’association Henri-Pezerat, l’association pour la protection de la santé dans le travail pour les métiers portuaires.
Contact pour le Morbihan : Emmanuelle Trocadéro au 06 11 94 95 88.










