LEVOTHYROX: UNE ÉTUDE RÉVÈLE QUE CERTAINS MÉDICAMENTS PRÉSENTENT DES IMPURETÉS

Théo Putavy

Le 18/04/2024 à 18:59

Une boîte de Levothyrox (g) et de son ancienne formule importée en France sous le nom d'Euthyrox, dans une pharmacie à Paris, le 2 octobre 2017
Une boîte de Levothyrox (g) et de son ancienne formule importée en France sous le nom d’Euthyrox, dans une pharmacie à Paris, le 2 octobre 2017 – JACQUES DEMARTHON © 2019 AFP

Une publication scientifique, relayée ce mercredi 17 avril par l’association française des malades de la thyroïde, a mis en évidence la présence d’impuretés dans certains médicaments controversés du laboratoire Merck.

« Une énorme avancée que les malades attendaient depuis sept ans déjà. » Ce mercredi 17 avril, l’association française des malades de la thyroïde (AFMT) s’est félicitée de la parution d’une étude de chercheurs toulousains et tchèques sur le médicament controversé Levothyrox.

D’après la publication scientifique dans la revue Journal of Pharmaceutical Analysis, certains médicaments pour la thyroïde présentent des impuretés « en quantités très abondantes et inattendues », a expliqué Jacques Guillet, conseil de l’AFMT à France Bleu Occitanie.

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Scandale en 2017

Le Levothyrox, prescrit à trois millions de personnes en France, a été au centre d’un scandale à partir de 2017. Au cœur de l’affaire: la nouvelle composition du médicament, arrivée en France fin mars de cette année et utilisant le même principe actif, la lévothyroxine, mais avec de nouveaux excipients.

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Entre mars 2017 et avril 2018, quelque 31.000 patients souffrant de maux de tête, insomnies, vertiges et autres effets secondaires ont mis en cause la nouvelle formule.

De son côté, le laboratoire Merck avait parlé d' »effet nocebo », les patients s’inventant des symptômes. Il avait ensuite été mis en examen pour « tromperie aggravée », tandis que l’Agence nationale de sécurité du médicament (ANSM), qui avait autorisé la distribution en France, avait été mise en examen pour « tromperie ».

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« On a été méprisés »

Au cours de leurs recherches, les scientifiques ont donc analysé 1.000 boîtes de médicaments envoyées par des patients et ont trouvé des phospholipides, qui pourraient être à l’origine d’effets indésirables, même si aucun « lien de cause à effet n’a été encore démontré ».

« La découverte de ces impuretés est totalement inattendue », a assuré le docteur Jacques Guillet. Sylvie Chéreau, membre de l’AMFT et créatrice du premier collectif des victimes du Levothyrox a ajouté auprès de France 3 Occitanie: « C’est une belle avancée. Elle prouve qu’il ne s’agit pas de l’effet nocebo, comme ils ont voulu nous faire croire. »

Elle a alors pointé du doigt l’ANSM, qui « n’a pas fait son travail ». « On a été méprisés, dénigrés, mais nous avons eu raison de nous battre », a-t-elle clamé.

Sollicité par France Bleu Occitanie, le laboratoire Merck a réagi: « Les interactions entre excipients et principes actifs ne sont pas une nouveauté et sont parfaitement décrites dans la réglementation. » Il a précisé être en conformité « en tout point à la réglementation en vigueur ».

Théo Putavy

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