Communiqué du Printemps de la psychiatrie « Un fichier terrorisant »

A retrouver en ligne : https://printempsdelapsychiatrie.org/2019/05/25/communique-un-fichier-terrorisant/ Nous, patients, usagers, psychiatrisés, qui avons été hospitalisés sans notre consentement ;Nous, soignants, qui avons hospitalisé des personnes sans leur consentement ;Nous, familles et amis, qui avons été sollicités dans les moments de détresse de nos proches pour rédiger des demandes d’hospitalisation par un « tiers » ;Nous, toutes et tous, citoyennes et citoyens, sommes indignés, scandalisés du décret du 7 mai 2019 croisant les personnes fichées « S » pour terrorisme (FSPRT) et les personnes fichées « Psy » dans le fichier « HoPsyWeb » car hospitalisées sans consentement.Depuis mai 2018, en France, toute personne -dépressive, en burn-out, avec des idées suicidaires, avec des idées délirantes- qui nécessite une hospitalisation à laquelle elle ne peut consentir du fait de ses troubles est fichée. Autant dire que, pour tout accident de la vie ayant des conséquences psychiques suffisamment graves, toute personne se trouve inscrite de façon indue dans ce fichier.Depuis mai 2019, elle est potentiellement considérée comme un terroriste en puissance. Nous dénonçons le renforcement de cet amalgame entre terrorisme et troubles psychiques et mentaux qu’entérine le gouvernement actuel.Alors que la Ministre de la Santé peut se montrer prompte à être « extrêmement choquée », à féliciter le « sang-froid » des hospitaliers devant « l’inqualifiable » d’événements inexistants à la Pitié Salpêtrière le 1er mai dernier, que penser du silence d’Agnès Buzyn sur ce décret ? Qu’en dit Franck Bellivier le nouveau délégué à la psychiatrie ? Ce silence est inadmissible.Après le fichage dans le logiciel Si-Vic de l’AP-HP des gilets jaunes blessés, après les violences de l’Etat, après les abus de pouvoir et les mensonges de représentants de l’ordre public, cette nouvelle dérive sécuritaire et stigmatisante ne peut que nous révolter.Nous appelons l’ensemble des citoyens pour qui la démocratie, les libertés fondamentales, la séparation des pouvoirs, le respect de la vie privée et du secret professionnel ne sont pas des vains mots, à se mobiliser contre ce décret faisant basculer toujours plus notre République vers un État de non droit.Printemps de la psychiatrie, Mai 2019 NON À L’OMERTA GÉNÉRALISÉE !REFUSONS LA POLITIQUE DE LA PEURA retrouver en ligne : https://printempsdelapsychiatrie.org/2019/05/27/petition-non-a-lomerta-generalisee/?fbclid=IwAR06xZ3ew2wamY03HLobOzLURn5UjuASy_tLXWDYCtLnnwGkd5zgoPMXmZQ Dénoncer la destruction délibérée des services publics, la dégradation des soins, notamment en psychiatrie, mais aussi dans les EHPAD et dans les services d’urgence, fait l’objet d’une répression accrue.La dénonciation par les salariés de la perte de sens de leur travail et de la maltraitance institutionnalisée n’est pas supportée par les hiérarchies. Ces dernières évoquent un prétendu devoir de réserve ne visant qu’à cacher la dégradation organisée des services publics du sanitaire, du médico-social et du social.Tous les salariés des services publics sont fragilisés par la disparition programmée déjà en cours des statuts, remplacés par des contrats à durée déterminée ; c’est la loi travail qui s’applique progressivement à tous.Les travailleurs de la santé sont encouragés à la dénonciation et au fichage des militants blessés (notamment les Gilets Jaunes) au moyen du fichier SI-VIC. Les patients en souffrance (dépression, tentatives de suicide, etc.) font l’objet d’un fichage (HOPSYWEB) dénoncé sans succès par l’ensemble des organisations professionnelles et d’associations de patients.Le Conseil de l’ordre des médecins soutient les employeurs qui portent plainte contre les médecins du travail et d’autres médecins qui ont établi des certificats dans des cas de souffrance au travail. Là encore, on veut faire taire les paroles dissidentes.Enfin, une véritable censure tend à être rétablie au nom d’une prétendue lutte contre les fake news. Ainsi en va-t-il avec la loi contre la manipulation de l’information, ainsi en va-t-il avec les convocations par la DGSI de plusieurs journalistes dans le but de connaître leurs sources. Pas étonnant que la France soit 32e au classement mondial de la liberté de la presse !Actuellement, les émissions de service public qui donnent la parole aux lanceurs d’alerte avec un minimum de sécurité sont menacées d’une interruption prochaine. Nous nous opposons à la disparition programmée des émissions d’investigation : Comme un bruit qui court mais aussi Complément d’enquête,Cash investigation…Manifestement, un des enjeux pour le gouvernement est que la casse des services publics soit organisée en silence ; pour cela, il faut museler les lanceurs d’alerte. C’est une véritable omerta sur les méfaits du libéralisme qui s’installe ! Alors même que le procès des dirigeants de France Telecom a enfin lieu.Nous ne nous ferons pas complices de cette politique-là en gardant le silence !La liberté d’expression et de diffusion des idées est une des conditions de l’émancipation !Pour signer la pétition pour le maintien de l’émission Comme un bruit qui court :https://www.change.org/p/laurence-bloch-directrice-france-inter-maintien-de-l-emission-comme-un-bruit-qui-court-sur-france-inter

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