Levothyrox. « Je me sentais dans la peau d’une femme de 90 ans »

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Une quarantaine de personnes ont participé à la réunion organisée ce samedi par le collectif Levo NF Breizh. (Loïc Berthy)

« Affreux », « catastrophique », les patients victimes des effets secondaires du Levothyrox ont eu la possibilité de s’exprimer ce samedi lors d’une réunion organisée à Vannes.

Après Lorient, Brest, Gouarec, c’est à Vannes que le Collectif breton Levo NF Breizh organisait une réunion d’information sur les conséquences et les recours possibles face aux effets indésirables du Levothyrox « nouvelle formule », ce médicament qui agit sur les dysfonctionnements de la thyroïde. Le nombre de Français qui prennent ce médicament est énorme : trois millions de patients. Des femmes pour l’essentiel. Ainsi que l’a montré la composition de l’assemblée réunie samedi dans une salle du Gambetta. Marie (*), opérée d’un cancer de la thyroïde, fait partie de ces malades. Elle fait aussi partie de cette moitié de patients pour qui le Levothyrox est synonyme de calvaire. « Depuis le mois d’août, ma situation est catastrophique. Je fais des malaises. Je ne tiens pas debout. Le matin, ça va encore, mais l’après-midi, ça ne va plus du tout. J’ai aussi perdu beaucoup de cheveux. C’est affreux ». Il y a bien encore la possibilité de se faire prescrire l’ancienne formule du médicament, mais tous les médecins ne le font pas. « Mon médecin refuse cela. Je suis piégée », se lamente Annie (*). «La dernière fois, j’ai fondu en larmes dans le cabinet. Mon médecin pense que ça se passe dans ma tête ».

Les autorités sanitaires pointées du doigt


Selon Catherine Noël, angiologue, de l’association des Français malades de la thyroïde, « ce qui est très grave, c’est en effet que nombre de médecins prescrivent encore la nouvelle formule du Levothyrox, malgré tous les désagréments connus ». « On sait de manière scientifique qu’il y a un problème avec ce médicament. Comment se fait-il que les autorités sanitaires ne l’aient pas encore dit ? », poursuit la femme médecin, qui fait aussi partie du cortège des malades. Ceux qui en ont les moyens, se fournissent l’ancienne formule du médicament à l’étranger. Mais ils représentent une partie forcément congrue de la population affectée. « Ce qui est d’autant plus incroyable, c’est qu’on continue d’en fabriquer en France, mais pour des pays comme l’Italie ou le Maroc. Nous réclamons qu’on continue de produire l’ancienne formule du Levothyrox pour la France », tonne Martine Arz, qui coordonne le collectif Levo NF Breizh. De mars à octobre 2017, cette Vannetaise a expérimenté la nouvelle formule avant de stopper face aux graves désagréments qu’elle subissait : « Insomnie, grosse fatigue, vomissements, problèmes articulaires : je me sentais dans la peau d’une femme de 90 ans… »

(*) Prénoms d’emprunt.

Contact

Courriel levonf.breizh@gmail.fr. Page Facebook : Levo NF Breizh. Site internet : levonf-bretagne.wixsite.com

 

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