COVID-19 : une épidémie peut en cacher une autre

PAR RES /  MERCREDI, 08 AVRIL 2020 /  PUBLIÉ DANS COMMUNIQUÉS DE PRESSEPLAIDOYERRES-ACTUS

Président du Réseau Environnement Santé, le toxicologue André Cicolella s’alarme de voir le nombre de maladies chroniques exploser en France. Ce qui n’est pas une bonne nouvelle en période de pandémie de Covid-19.

Communiqué de Presse du 08/04/2020
COVID-19 : SURMORTALITÉ LIÉE À L’OBÉSITÉ ET AU SURPOIDS EN FRANCE ET DANS LE MONDE ?


Ce constat vraisemblable d’une plus grande fragilité lié à l’obésité et au surpoids pourrait expliquer pourquoi l’épidémie évolue si rapidement aux Etats-Unis.

Mais cela ne doit évidemment pas se traduire par un discours stigmatisant renvoyant à une responsabilité purement individuelle.

L’étude Obépi montre très clairement que cette épidémie touche plus particulièrement les populations ayant les plus faibles revenus et les plus faibles niveaux d’éducation, donc généralement les conditions de vie et de travail les plus difficiles. Les données scientifiques sont très claires sur les rôles de l’alimentation, notamment l’alimentation ultra-transformée, la sédentarité et les perturbateurs endocriniens.

La dernière conférence de consensus d’Uppsala fait même des Perturbateurs Endocriniens un facteur déterminant

Ces données plaident une fois de plus sur la nécessité d’une politique de Santé environnementale.Communiqué du 08/04/2020

Communiqué de Presse du 06/04/2020
COVID-19 : SURMORTALITÉ LIÉE AU DIABÈTE EN CHINE


L’impact de l’épidémie du Covid-19 doit être analysée en référence à l’épidémie de maladies chroniques, dont celle du diabète. L’Assemblée générale de l’ONU a voté 2 résolutions en septembre 2011 et 2018, demandant de s’attaquer à l’épidémie mondiale de maladies chroniques, mais sans qu’aucun pays ne se soit doté d’une politique cohérente en ce domaine.

La réflexion sur l’après Covid-19 doit intégrer la lutte contre l’épidémie de maladies chroniques comme une priorité de santé environnementale. Le RES demande l’organisation d’Etats Généraux de la Santé Environnementale.Communiqué du 06/04/2020

Mise à jour 03/04/2020

Le RES appuie l’appel du collectif Air-Santé-Climat cet aux préfets à limiter la pollution d’origine agricole. La pollution de l’air fragilise les malades cardiovasculaires qui sont les plus touchés par le Covid-19.

→ Lire la tribune

Mise à jour 02/04/2020

La plus récente publication dans le JAMA cardiology du 27 mars cite une étude chinoise portant sur 44672 patients contaminés. Les malades cardiovasculaires représentaient 10,5 % des décès pour un taux de décès dans la cohorte de 2,3 % soit 4 fois plus.

→ Lire la publication
La même équipe publie quelques jours plus tard une opinion « Mettre en application les leçons tirées de la grippe pour le coronavirus pendant une période d’incertitude » (« Applying the Lessons of Influenza to Coronavirus During a Time of Uncertainty ») en disant nous ne sommes pas des infectiologues mais ce que nous pouvons dire c’est que les malades cardiovasculaires sont particulièrement sensibles aux infections virales :  » il y a très certainement un risque relatif plusieurs fois plus élevé associé à une maladie cardiovasculaire préexistante » (« there is almost certainly a multi-fold increased relative risk associated with preexisting cardiovascular disease »).

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Pour le RES , maladies infectieuses et maladies non-infectieuses sont liées ; l’après crise doit se traduire par une politique de santé environnementale qui permette enfin de s’attaquer aux causes environnementales des maladies, infectieuses et non infectieuses.

→ 2 avril : Interview d’André Cicolella sur RCF Radio

→ 26 mars : Interview d’André Cicolella dans Le Parisien

→ 25 mars : article de JNE, la santé environnementale, grande absente du débat sur la crise sanitaire du coronavirus

Communiqué du 17/03/2020

Par-delà ces mesures de gestion immédiate de l’épidémie de COVID-19, cette crise doit être aussi l’occasion de prendre conscience de l’autre épidémie, celle des maladies chroniques. Le mot épidémie a été utilisée la première fois pour parler de la croissance des maladies chroniques par l’Organisation Mondiale de la Santé Europe (déclaration du 11 septembre 2006). Celle-ci prévenait que cette épidémie mettait “en péril les systèmes d’assurance maladie” et concluait sur la nécessité de mener « une action globale pour freiner cette épidémie ». Le constat est sans équivoque : « L’épidémie mondiale de maladies chroniques a été largement ignorée ou sous-estimée par rapport à d’autres problèmes de santé….Depuis fort longtemps, plusieurs idées fausses font que l’on n’accorde pas toute l’importance voulue aux cardiopathies, aux accidents vasculaires cérébraux, au cancer et à d’autres maladies chroniques ».

« C’est un changement de paradigme qui s’impose, une vision globale de la santé, qui ne se résume pas seulement au système de soin. Faute de l’avoir compris, notre société risque être de plus en plus sensible aux épidémies infectieuses même de faible intensité, constate André Cicolella, président du RES » Communiqué du 17/03/2020

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