Adieu Michèle

C’est la rage au cœur que j’écris

Ce n’est pas juste, mais tu le sais depuis longtemps, de justice il n’en a pas ! Elle doit se gagner

Inlassablement tu as défendu l’humain et sa santé, souvent seule contre tous ! A une époque où les écologistes avaient des tripes !

Avant de créer l’AFMT on t’a connu dans les combats concernant la sécurité nucléaire, au moment de l’installation de la centrale nucléaire de Golfech dans le Tarn et Garonne.

Et insidieusement avec les amis de la terre de Toulouse on a pu mettre en exergue la radioactivité émanant des hôpitaux de Toulouse, rejetée dans la Garonne Tu étais là quand madame Damin physicienne nucléaire siégeant au conseil municipal a courageusement menée ses investigations avec toi, bien qu’étant de droite, et c’est cela aussi c’est ta noblesse d’âme, tu as toujours mis la cause avant tout.

Une lettre interne des services vétérinaires avait averti le conseil général qu’un enfant d’un an buvant l’eau de Garonne avait en 1 an la dose maximale admissible de radioactivité ! C’était en 90… En écrivant ce courrier ils se dédouanaient…

Et puis les retombées de Tchernobyl. avec la création de la CRIIRAD… Les trafics de marchandises sur toute l’Europe de produits contaminés vers la France ! Enfin un contrôle indépendant tu en es une des initiatrices.

On a pu prouver l’illégalité de la France par rapport aux normes sanitaires européennes de l’époque ….Au lieu de 600 bq par kg de viande on passait à 100.000bq par Kg…..

En 99 ont créait l’AFMT et tu nous as souvent soutenu inlassablement,

Les problèmes thyroïdiens explosant de partout !

Sur le village de Bourret alors de 700 habitants, 4 cancers thyroïdiens dans une même classe.

Bernard Kouchner devait venir nous voir, on l’attend toujours, de la gesticulation politique comme d’habitude ! 

Tu as logé quelque fois chez nous dans une ambiance de grande simplicité, jamais excessive, toujours à poser les problématiques en questionnement qui menait à une réflexion même chez le plus bornés ! Il y avait aussi la présidente du sang contaminé Madelaine Alloncle et son mari et le docteur Marc Comas qui étaient présents ce jour là

Quand il y a eu le problème du lévothyrox et son changement de formule, tu as répondu présente et tu étais auprès de nous avec le docteur Gérard Bapt le 3 décembre 2017 à Bourguoin Jallieu, devant l’usine qui faisait encore l’ancienne formule pour l’Italie

Tu es venue alors que ton compagnon Gérard était décédé 15 jours avant !Il faisait moins 10

Tu n’as jamais été une politique de pacotille de faux semblants… Tu as toujours voulu être une guerrière pacifiste au sein des humains

Après en tant que député européenne et normalienne agrégée en biologie, tu as eu une responsabilité auprès de l’Europe par rapport aux laboratoires pharmaceutiques. Et là encore tu étais des notre quand il a fallu rencontrer les responsables de Merck à Lyon, au démarrage je ne voulais pas y aller, mais le docteur Guillet m’avait convaincu soutenue par les copines.

Comme d’habitude de façon pertinente tu as posé les bonnes questions et je les ai vu bredouille et mal à l’aise

Et puis….. L’affaire des vaccins PFIZER où tu as fait face avec un énorme courage aux lobbys pharmaceutiques….

Des milliards de l’argent public c’est à dire du peuple dilapidé ! Quand on voit la difficulté de vivre de certains, et la faim revenir

On a la rage de te voir partir, car en face ils doivent être heureux…

Si ton étoile pouvait en rallumer plein d’autres entre les égos et les querelles de boutiquiers, qu’importe les partis, tu étais comme Hubert Reeves,

il me disait en 2002 à Montréal combien il t’admirait, comme lui, c’était celui d’un idéal humain

Cette petite planète unique sur des année lumières autour de nous

Riche par sa générosité son abondance sa vie exceptionnelle, qu’on détruit aveuglement, toi comme Hubert vous étiez des odes à la vie

Il est impératif que nous continuons dans notre différence ce combat, malgré la noirceur du ciel pesant des multinationales bienséantes manipulatrices de notre humanité ;

Madame Vonder Leyen ne te pleurera pas c’est évident.

J’espère que demain elle devra en répondre devant la justice et qu’enfin les responsables européens choisiront démocratiquement leurs représentants

L’AFMT envoie à tes filles et tes petits enfants toute notre affection et tristesse

Chntal L »HOIR présidente fondatrice de l’AFMT

Michèle avec Le docteur Jacques Guillet pédiatre et physicien nucléaire

Le mer. 29 nov. 2023 à 15:58, Jacques Guillet conseiller scientifique de l’AFMT

Sa pugnacité et son dévouement à toute épreuve vont nous manquer. Personnellement, j’aimais bien discuter avec elle. Ses convictions les plus solides et même son enthousiasme militant ne l’empêchaient pas d’écouter et de faire évoluer sa pensée pour coller à l’instant, souvent avec une certaine habileté .Elle tenait une place à part sur l’échiquier… Difficile d’imaginer un relais.

Chantale GARNIER Coprésidente de l »AFMT

Michele ,ta disparation nous fait très mal .Trop jeune et encore trop de travail a défendre .Michele toi qui a créé la Crii Rad ,tu est venue rejoindre l AFMT des 1999.Ton écoute était toujours présente avec tes conseils ,ton sourire et ta simplicité .Tu défendais beaucoup de causes pour la santé des personnes .Parfois la disparation arrange  certaines personnes .Michele tu as été a nos côtés lors de la crise sanitaire du Levothyrox ,tu en as parlé au parlement ,tout comme tu défendais la cause des pesticides .et bien d autres choses .Michele tu resteras à tout jamais près de nous a l AFMT .Mais surtout nous avons aussi une pensée pour ta famille .Michèle, tu as accompli beaucoup de belles choses dans ta vie . Repose en paix .Beaucoup vont te regretter

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Michèle Rivasi, ce roc que l’on pensait invincible s’en est allée. Brutalement. Nous laissant sous le choc et dans une immense tristesse.

Michèle était une femme d’exception : le courage et la volonté en politique incarnée. C’était une combattante hors norme, une scientifique (normalienne et biologiste de formation), une bâtisseuse de projets, d’utopies concrètes.

Une femme de combats que l’on peut ramifier par une volonté indéfectible d’en finir avec la capture scientifique et réglementaire des lobbies industriels. Une vie de militante et d’élue contre l’opacité, pour la protection du vivant, la transparence, la vérité et la justice.

Michèle était avant tout une incroyable militante de terrain réconciliant écologie des villes et des champs, au contact des collectifs, des associations, des scientifiques, des lanceurs d’alerte mais aussi une pugnace parlementaire respectée dans l’institution, obtenant des victoires impossibles, comme le vote par le Parlement européen de sortie du glyphosate en 2017, après avoir convaincu des centaines de parlementaires du danger de renouvellement de ce poison par l’Union Européenne. Du matin au soir, de la buvette du Parlement au retour dans le Thalys, Michèle interpella tous les parlementaires qu’elle croisait, les convaincant unE a unE. Malheureusement, la logique intergouvernementale et les égoïsmes nationaux en ont décidé autrement. Mais cette victoire était une prouesse.

Elle avait un grand respect pour tout le monde, une écoute exceptionnelle pour tous ceux qui se battent, qui sont vivants, qui réclament justice et vérité. Pour les humbles d’abord, les invisibles. Elle détestait par dessus tout les mandarins, les sachant pontifiant, les tièdes et les suffisants.

Elle avait fait sienne la fameuse citation de René Char : « ce qui vient au monde pour ne rien troubler ne mérite ni égards ni patience ».

J’avais 13 ans quand j’ai découvert à la télé un samedi soir cette femme solaire, lumineuse sur le plateau de Michel Polac « Droit de réponse », s’agitant avec l’énergie et la force de conviction qui la caractérise pour dénoncer le mensonge d’État de Tchernobyl, le nuage radioactif qui s’est arrêté à la frontière.

En 2012, j’étais avec elle quand a été reconnu innocent par la Cour de Cassation le professeur Pellerin (ancien directeur du service de protection nucléaire, auteur du mensonge). C’est la seule fois où j’ai vu des larmes couler des yeux pétillants de notre Amazone de l’écologie. Elle m’a dit « tu te rends compte qu’il m’a volé 25 ans de ma vie, qu’il m’a privé d’une paisible vie aux côtés de mes enfants ce salaud ».

Car si Michèle était une femme bonne vivante, aimant faire la fête, danser, le bon vin, les bonnes nourriture terrestres, son engagement ne fut pas un long fleuve tranquille. Elle savait les sacrifices qu’elle avait fait pour défendre ses causes. Elle fut l’objet de menaces, de calomnies, de mépris. Mais resta toujours debout, ne tombant jamais dans les attaques de basse cour.

De la Criirad au Parlement européen en passant par l’Assemblée nationale ou son poste d’élue locale à Valence, Michèle mena d’innombrables combats : contre le nucléaire, la pollution électro-magnétique, les gaz de schiste, les OGM, les pesticides, les boues rouges, le chloredécone, les forages pétroliers en Méditerranée, l’extractivisme en Afrique et en Amérique latine, les scandales sanitaires (amiante, syndrome de la guerre du golfe, mediator, Levothyrox, prothèses PIP, Depakine, adjuvants aluminiques…), les grands projets inutiles (ITER, Sivens, Notre dame des Landes, contournement autoroutier de Camargue, Stocamine…)… Michèle initia aussi une grande marche dite des cobayes à pied de Fos sur Mer à Paris pour la reconnaissance du crime industriel.

Michèle réalisa de multiples projets concrets également au cours de ses mandats : pour développer les circuits courts et une alimentation bio, locale et de qualité dans les cantines de la Drôme, pour créer un centre de recherche sur les électrohypersensibles, pour redévelopper la phagothérapie afin de lutter contre l’antibiorésistance, pour rapprocher l’Europe des territoires et soutenir des projets d’éco-développement en créant une Maison de l’Europe Drôme / Ardèche, pour la création d’un institut public de fabrication de médicaments essentiels afin de faire face aux pénuries, pour l’autonomie énergétique et alimentaire de villages en Afrique via sa délégation Afrique Caraîbes Pacifique…

Enfin, Michèle savait la nécessité de s’appuyer sur de nouveaux imaginaires, d’inventer de nouveaux récits d’avenir soutenable et désirable pour élargir socialement le champ de l’écologie et amener à ce nouveau paradigme des gens qui ne sont pas néEs écologistes. Elle s’appuya beaucoup sur les films de Jean Paul Jaud, Marie Monique Robin ou son amie Coline Serreau pour cela. Elle soutiendra également des festivals comme l’historique festival du vent de Calvi ou plus récemment le festival Métamorphoses dans les Alpes.

Il me revient une phrase prêtée à François Mitterrand dans le très beau film de Robert Guédiguian Le promeneur du Champ de mars. Il dit à l’oreille du jeune journaliste au crépuscule de sa vie « Après moi, il n’y aura plus que des comptables ».

En ayant eu la chance d’accompagner Michèle durant des années, je me suis posée cette question : mais qui sera là quand Michèle ne sera plus élue pour reprendre le flambeau de sa bataille pour la reconnaissance des victimes de scandales environnementaux et sanitaires ?

Espérons (je n’en doute pas) qu’elle aura su inspirer et laisser derrière elle parmi les écologistes et les eurodéputéEs, d’autres combattantEs d’une écologie de la libération, proche des territoires, des gens, des victimes des puissances de l’argent et des lobbies, des sans voix…

Pour toujours et à jamais, Michèle restera pour moi un modèle d’intégrité, d’humanité, de générosité, d’authenticité.

C’était une élue « pas pareille » et cela lui donna une sorte d’immunité face à la défiance de la classe politique. Michèle était respectée des jeunes écologistes radicaux et désobéissants, de politiques de tous bords, du monde scientifique, économique, agricole et culturel avec lesquels elle savait nouer des rapports singuliers et rendre féconds des désaccords.

Mille merci à elle pour l’héritage politique qu’elle nous laisse.

Nous tâcherons d’être à la hauteur et de poursuivre les combats qu’elle a mené.

Pensées émues et affectueuses pour ses proches, pour ses filles, ses petits enfants et toutes celles et ceux qui l’entouraient dans son paradis drômois où elle savait se réfugier, se ressourcer pour mieux repartir au combat avec une énergie toujours renouvelable.

Repose en paix Michèle.

Tu vas retrouver ton Gérard le bienheureux, parti lui aussi trop vite.

Longo Maï.

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