Une étude démontre qu’on meurt plus du cancer dans le Cher
Publié le 25/01/2019 à 18h31

le Cher présente un taux de mortalité dû aux cancers supérieur à la moyenne métropolitaine. © Jérémie FULLERINGER
Lorsqu’on a un cancer de la prostate dans le Cher, on a plus de risque de mourir qu’ailleurs. Santé publique France vient de publier plusieurs rapports, détaillant des estimations régionales et départementales d’incidence et de mortalité par cancers.
D’après une étude statistique publiée par Santé publique France, un établissement public affilié au ministère de la Santé, le Cher présente un taux de mortalité dû aux cancers supérieur à la moyenne métropolitaine (+15 % chez l’homme et +5 % chez la femme).
Le Cher, premier en France métropolitaine pour la surmortalité par cancer de la prostate
Lorsque les chiffres, qui concernent la période 2007-2016, s’attachent uniquement au cancer de la prostate, ils sont encore plus élevés. Une surmortalité de 26 % est observée dans le département, ce qui met le Cher à la première place de l’ensemble de la France métropolitaine, devant l’Indre (+22 %). Un constat difficile à expliquer.
« Avoir un peu plus d’urologues ne ferait pas de mal »
Selon Bertrand Moulin, délégué départemental de l’Agence régionale de santé, ce problème avait déjà été identifié. « Nous avions pointé du doigt la surmortalité due aux cancers lors de la préparation du projet national de santé, l’an dernier. L’accès aux soins n’est pas forcément idéal, surtout dans les endroits ruraux. Nous avons aussi du mal à recruter des médecins. » Bertrand Moulin reconnaît qu’« avoir un peu plus d’urologues ne ferait pas de mal ». En janvier, deux nouveaux urologues sont arrivés à la clinique Guillaume-de-Varye, à Saint-Doulchard. Un autre est attendu au printemps, au centre hospitalier Jacques-Cœur de Bourges.
L’étude montre aussi une surmortalité chez l’homme par cancer colorectal (+22 %) et par cancer du poumon (+7 %). Paradoxalement, le taux de participation au programme de dépistage du cancer colorectal est de 40,8 % dans le Cher, contre 33,5 % en France métropolitaine.
Une surmortalité de 8 % pour le cancer du sein
En Région Centre-Val de Loire, la situation globale est proche des résultats moyens de la France métropolitaine. On observe tout de même une surmortalité « significative », selon l’étude, de 3 % chez l’homme, tous cancers confondus, une statistique tirée vers le haut par le cancer de la prostate (+17 %) et le cancer colorectal (+7 %). Chez la femme, une surmortalité de 4 % est observée pour le cancer du sein. Il est noté dans l’étude que cette « surmortalité est portée majoritairement par le Cher (8 %) ».
Pourquoi a-t-on plus de risque de mourir en Centre-Val de Loire ? Le rapport évoque deux hypothèses : « Un diagnostic plus tardif pour une même tumeur » et « une prise en charge moins efficace indépendamment du stade au diagnostic ». Pour le cancer de la prostate, Santé publique France ajoute que « la qualité de la prise en charge pourrait être l’hypothèse à envisager ».
On trouve quand même quelques bonnes nouvelles : dans la Région, on note moins de cancers du poumon (sauf dans le Cher), de la thyroïde, de l’estomac et de la vessie chez l’homme, et de la lèvre-bouche-pharynx chez la femme.
Lucile Preux










