Crise climatique et Crise sanitaire : un changement de paradigme est nécessaire !

EDITO

Par André Cicolella

Président du Réseau Environnement Santé 

Le départ du gouvernement de Nicolas Hulot a le mérite d’ouvrir le débat sur la nature de la réponse à la crise écologique. « La Maison brûle et on regarde ailleurs » disait Jacques Chirac, inspiré par Nicolas Hulot, à Johannesburg en 2002, pour dénoncer l’indifférence de la communauté internationale devant la crise climatique, dont le diagnostic fait par les scientifiques du GIEC était pourtant clair. Réflexion tout-à-fait transposable à la santé aujourd’hui. En 2006, l’OMS Europe alertait sur l’épidémie de maladies chroniques qui mettait en péril l’avenir des systèmes de santé. « Défi mondial d’ampleur épidémique » « Un des principaux défis pour le développement au XXIème siècle » disait la déclaration de New York adoptée par l’Assemblée générale de l’ONU en septembre 2011. L’Assemblée générale de l’ONU va de nouveau consacrer une journée, le 27 septembre prochain, à cette question. Bilan: peu de choses ont été faites. En France, la récente Stratégie Nationale de Santé n’y fait même pas référence. On ne continue de s’intéresser à la maladie que lorsque les gens sont malades alors qu’il faudrait agir en amont sur les causes des maladies. Conséquence : les maladies chroniques explosent.   En France, le nombre de nouveaux cas a presque triplé en 20 ans. Plus de 20 millions de personnes sont en situation de malades chroniques. Le cancer touche une personne sur 2. Le changement de paradigme en santé, c’est de faire de la santé environnementale, le 2ème pilier d’une politique de santé. Mais, comme l’a noté Nicolas Hulot, l’action politique seule est impuissante sans un grand mouvement de société. C’est l’objectif du RES depuis sa création. Le RES organise 2 colloques autour de ces enjeux : 21 septembre : « Santé environnementale et maladies chroniques. Le coût de l’action et le coût de l’inaction » au Conseil Economique Social et Environnemental.  28 septembre : 2ème rencontre européenne des Villes et Territoires sans Perturbateurs Endocriniens à Paris. Paris, Strasbourg, Grande Synthe, Cœur d’Ostrevent…ont adopté la charte proposée par le RES. Plus que jamais un grand mouvement citoyen est nécessaire pour répondre à la crise sanitaire, composante de la crise écologique.

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