4 MÉDICAMENTS COURANTS QUI PEUVENT VOUS TUER !

Louise Ballongue, journaliste santé

Louise Ballongue, journaliste santé, publié le 23/10/2019 à 14:10PAGE SUIVANTE 1 – Le Doliprane  2 – Le Levothyrox  3 – Le Kardégic  4 – Les psychotropes 

Le Levothyrox

Le Levothyrox

© Istock

Le Levothyrox, utilisé par 3 millions de patients en France, contient une hormone qui appartient à la famille des hormones thyroïdiennes.

Pour mieux comprendre à quoi sert ce médicament, rappelons que les hormones thyroïdiennes agissent sur de nombreuses fonctions de l’organisme (énergie, rythme cardiaque, poids, digestion, mémoire, peau et cheveux, sommeil, humeur, etc.).

Un déséquilibre de ces hormones peut entraîner des troubles plus ou moins importants.

Ces dysfonctionnements thyroïdiens touchent près de 10% de la population française.

Or, la prise d’hormones thyroïdiennes de synthèse, telles que la lévothyroxine, permet de pallier le défaut de production d’hormones par la thyroïde et de rétablir un “équilibre”.

Cette insuffisance de sécrétion, ou hypothyroïdie, peut être due à la thyroïde elle-même ou à l’insuffisance d’une autre glande qui commande la sécrétion thyroïdienne (maladie ou ablation de l’hypophyse). Il est également utilisé lorsque l’on veut freiner l’action excitatrice de l’hypophyse sur la thyroïde, notamment dans certains goitres.

Problème : le Levothyrox fait l’objet d’une controverse qui enfle depuis plusieurs années.

Commercialisé par Merck, ce médicament fait polémique à la suite du changement de formule intervenu fin mars 2017. Pas moins de 32 000 signalements d’effets indésirables ont été déclarés (très grande fatigue, des maux de tête, des crampes, état dépressif sévère…).

L’ANSM a constaté qu’au fil du temps les comprimés de l’ancienne formule n’avaient plus la même teneur de substance active (la lévothyroxine) à cause du lactose, présent dans le médicament.

Cet excipient a été remplacé par du mannitol, une substance chimique parfois utilisée comme additif alimentaire, dans les chewing-gums ou les bonbons sans sucre par exemple. Toutefois, les experts manquent de recul pour déterminer quelle substance est inoffensive ou ne l’est pas.

Quelle posologie ?

Ce médicament doit être pris le matin à jeun, au moins une demi-heure avant le petit déjeuner, car il est mieux absorbé de cette manière. Les comprimés doivent être avalés avec un grand verre d’eau.

La posologie dépend de l’intensité de l’hypothyroïdie, de l’âge et de la tolérance individuelle. La dose est habituellement augmentée par paliers successifs. Des analyses de sang régulières permettent d’adapter la posologie : suivez-la strictement et ne l’augmentez pas de vous-même.

Levothyrox : quelle est la dose mortelle ?

Selon l’experte, “le Levothyrox peut être dangereux en cas de surdosage, de même que l’insuline peut entraîner la mort par hypoglycémie en cas de surdosage”.

En cas de prises répétées de doses suprathérapeutiques, les signes suivants d’hyperthyroïdie ont été observés et, dans les cas les plus sévères, ils peuvent entraîner la mort :

  • Troubles digestifs : vomissements, douleurs abdominales, diarrhées, appétit augmenté, amaigrissement.
  • Troubles cardiovasculaires : tachycardie, arythmie par fibrillation auriculaire ou extrasystoles, hypertension, douleurs thoraciques, angor, insuffisance cardiaque congestive, collapsus cardiogénique.
  • Troubles généraux : fièvre, rougeur de la peau, sueurs.
  • Troubles neurologiques : irritabilité, insomnie, céphalées, agitation, confusion, mydriase, convulsions chez des patients prédisposés, troubles de la conscience, coma, accès de psychose aiguë.

Interactions du Levothyrox avec d’autres substances

Les médicaments qui contiennent des sels de fer ou de calcium, de la colestyramine, du kayexalate, du sucralfate et les pansements digestifs peuvent diminuer l’absorption de ce médicament. Il est donc nécessaire de respecter un délai de 2 heures entre la prise de ces médicaments.

Informez par ailleurs votre médecin si vous prenez un anticoagulant oral, un antiépileptique ou un médicament contenant un barbiturique, de la griséofulvine, de la rifabutine, de la rifampicine, de la chloroquine, du proguanil ou des compléments alimentaires contenant du soja.

Quelles précautions ?

L’utilisation de ce médicament dans le traitement de l’obésité sans hypothyroïdie est dangereuse et illégale.

Le remplacement d’un médicament contenant de la lévothyroxine à un autre peut entraîner un déséquilibre thyroïdien à l’origine de symptômes inhabituels.

C’est pourquoi une surveillance médicale comprenant un dosage de la TSH entre 6 et 8 semaines après l’instauration du nouveau médicament est indispensable afin d’ajuster la dose si nécessaire (sauf dans certains cas particuliers nécessitant une surveillance plus étroite).

Si vous présentez des symptômes inexplicables ou des signes d’hyperthyroïdie ou d’hypothyroïdie, consultez votre médecin. Dans tous les cas, le traitement ne doit pas être interrompu ou modifié sans avis médical.

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